Faillite de XL Airways : la faute à Norwegian ?

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La France va demander à la Commission européenne d’enquêter sur les aides publiques reçues par la low cost Norwegian Air Shuttle, qui expliqueraient en partie la faillite des deux compagnies aériennes Aigle Azur et XL Airways. Cette dernière n’a toujours pas reçu de proposition chiffrée susceptible de lui éviter le sort de la première.

Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro dimanche, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno le Maire, a présenté une explication « en partie » aux problèmes rencontrés par XL Airways : les règles de la concurrence qui « doivent être les mêmes pour tous. Nous ne pouvons pas l’accepter en Europe, nous ne pouvons pas l’accepter non plus de la Norvège », qui a soutenu la troisième low cost européenne avec des fonds publics, permettant à Norwegian de prendre des parts de marché – y compris en France – au prix d’un énorme endettement. « Elle casse les prix, elle est endettée, mais elle a un soutien public norvégien, et ça, je ne peux pas l’accepter », a déclaré le ministre. Qui va donc demander dès cette semaine à la Commission européenne de « mettre de l’ordre dans tout ça ».

Depuis sa base à l’aéroport de Paris-CDG, Norwegian propose six routes vers les Etats-Unis face à la concurrence d’Air France, American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines, quand XL Airways n’en proposait que quatre. A Orly, l’axe France-USA est proposé par Air France encore, les low cost French bee et Level, et La Compagnie Boutique Airlines, le transporteur 100% classe Affaires marié à XL Airways depuis trois ans (plus Corsair l’année prochaine).

Le sort réservé à XL Airways et à ses 540 employés devrait être officialisé mercredi devant le tribunal de commerce de Bobigny, qui pourrait annoncer la liquidation de l’entreprise comme le tribunal d’Evry a prononcé celle d’Aigle Azur. Aucune offre chiffrée n’a été rendue publique samedi midi, date limite de dépôt des candidatures, XL Airways évoquant des « manifestations d’intérêt » malheureusement « non financées en l’état ». Le CEO d’Air France-KLM Benjamin Smith en particulier avait signifié ne voir aucune bénéfice à la reprise de la low cost française, même s’il expliquait dans un courrier aux employés « ne pouvoir rester indifférent aux situations d’Aigle Azur et XL Airways ». « Nous ne ferons jamais rien qui mettrait en péril notre avenir à tous, ou qui ne respecterait pas le contrat social et humain du groupe Air France-KLM, ce n’est pas là notre ambition », ajoutait le dirigeant.

©Norwegian

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